Louer son logement quelques mois
Mis à jour le 6 octobre 2026 · 7 min de lecture
Louer pour quatre, six ou huit mois n'est ni de la location saisonnière ni de la location classique. C'est un régime à part, plus simple que la première et plus souple que la seconde, à condition d'en connaître les trois ou quatre règles qui comptent.
Pourquoi la moyenne durée plutôt que le court séjour
- Pas de changement d'usage à demander. Le logement reste la résidence principale du locataire : les règles des meublés de tourisme, autorisation en mairie dans les grandes villes, numéro d'enregistrement, limite de 120 jours, ne s'appliquent pas.
- Une rotation par an au lieu de cinquante. Pas de ménage entre deux séjours, pas de remise de clés le dimanche soir, pas de commission de plateforme sur chaque nuit.
- Un vrai bail, avec un état des lieux, un garant possible et un cadre juridique en cas de problème.
- Un rendement entre les deux. Moins qu'un meublé touristique bien placé en haute saison, nettement plus qu'une location nue à l'année, et sans les mois de vacance.
Le logement doit être décent et meublé
« Meublé » a une définition légale. Le décret du 31 juillet 2015 liste onze catégories d'équipements qui doivent toutes être présentes, faute de quoi le bail peut être requalifié en location vide, avec un bail de trois ans à la clé.
- Literie avec couette ou couverture
- Volets ou rideaux dans les chambres
- Plaques de cuisson
- Four ou four à micro-ondes
- Réfrigérateur, et congélateur ou compartiment à −6 °C
- Vaisselle en nombre suffisant
- Ustensiles de cuisine
- Table et sièges
- Étagères de rangement
- Luminaires
- Matériel d'entretien ménager adapté au logement
Le DPE : ce qui est interdit à la location
Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être proposé à la location en France métropolitaine. La classe F suivra au 1er janvier 2028, puis E en 2034. Ces règles s'appliquent à tous les baux d'habitation, bail mobilité et bail étudiant compris.
Une réforme est en discussion
Un assouplissement du calendrier des passoires thermiques est débattu depuis 2026. Tant qu'un texte n'est pas publié, c'est le calendrier ci-dessus qui s'applique : vérifiez avant de vous engager sur un logement classé F ou G.
La fiscalité, en deux phrases
Les loyers d'une location meublée sont des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), pas des revenus fonciers. Sous le régime micro-BIC, un abattement forfaitaire de 50 % s'applique, dans la limite de 77 700 € de recettes annuelles, seuil relevé à 83 600 € pour les revenus 2026 au titre de la revalorisation triennale.
Au-delà, ou sur option, le régime réel permet de déduire les charges réelles et d'amortir le bien, ce qui ramène souvent le résultat imposable à zéro pendant plusieurs années. C'est presque toujours plus favorable dès qu'il y a un crédit en cours, mais cela suppose une comptabilité.
Ce guide n'est pas un conseil fiscal
Les seuils bougent chaque année en loi de finances, et le choix entre micro et réel dépend de votre situation personnelle. Parlez-en à un comptable avant de trancher : l'option pour le réel engage plusieurs années.
Les assurances
- Assurance propriétaire non occupant (PNO). Obligatoire en copropriété depuis la loi ALUR. Quelques dizaines d'euros par an, et elle couvre ce que l'assurance du locataire ne couvre pas.
- L'assurance habitation du locataire est obligatoire : exigez l'attestation à l'entrée, puis chaque année si le bail dure.
- La garantie loyers impayés (GLI), facultative, coûte en général 2 à 4 % du loyer annuel. Elle ne se cumule pas avec Visale.
Fixer son loyer
La moyenne durée se situe entre deux repères : au-dessus du loyer nu de longue durée, en dessous du meublé touristique ramené au mois. Comptez souvent 10 à 25 % de plus qu'un bail classique sur le même bien, davantage dans les villes où l'offre meublée est rare.
Dans les communes soumises à l'encadrement des loyers (Paris, Lille, Lyon, Villeurbanne, Montpellier, Bordeaux, Plaine Commune, Est Ensemble…), le plafond s'applique aussi au bail mobilité. Un complément de loyer reste possible, mais il doit se justifier par des caractéristiques exceptionnelles du logement.
Le loyer charges comprises compte autant que le loyer nu : un locataire qui reste six mois compare des mensualités tout compris, pas des lignes de bail.
Questions fréquentes
Faut-il une autorisation de la mairie pour louer en bail mobilité ?
Non. Le logement est la résidence principale du locataire, le régime des meublés de tourisme ne s'applique pas : ni changement d'usage, ni numéro d'enregistrement, ni limite de 120 jours.
Peut-on louer sa résidence principale quelques mois ?
Oui, par exemple pendant une expatriation ou une mission. Attention toutefois au statut du logement si vous êtes vous-même locataire : la sous-location exige l'accord écrit du propriétaire.
Quel rendement attendre en moyenne durée ?
En général 10 à 25 % de plus qu'une location nue sur le même bien, avec moins de vacance qu'en courte durée et sans frais de rotation. Le résultat dépend fortement de la ville et de la saison.
Un logement classé F ou G peut-il être loué en bail mobilité ?
La classe G est interdite à la location depuis le 1er janvier 2025, et la classe F le sera au 1er janvier 2028. Ces interdictions s'appliquent au bail mobilité comme aux autres baux d'habitation.
Prêt à publier votre logement ?
Publication gratuite, vous gardez la main sur le loyer et sur le choix du locataire. Le bail correspondant se génère pré-rempli.
Louer mon logement →À lire ensuite
Louer quelques mois, ville par ville
Textes de référence
Chiffres et règles vérifiés le 6 octobre 2026. Lamaisonette met des outils à disposition et ne délivre pas de conseil juridique : pour une situation particulière, adressez-vous à une ADIL, à un avocat ou à un notaire.